14.10.2025 : Conférence du CJMM – Pernille Lundby Dokkedal

Nous avons le plaisir d’accueillir Pernille Lundby Dokkedal, doctorante à l’Université d’Aarhus, qui présentera ses recherches lors d’une conférence intitulée :
« From Markets to Missiles: Re(understanding) the European Commission’s role in EU security and defense politics ».

La discussion sera enrichie par l’intervention de Chantal Lavallée (Collège militaire royal de Saint-Jean), qui agira à titre de discutante.

Date : Mardi 14 octobre 2025
Heure : 12 h à 13 h
Lieu : Salle Lothar-Baier, 5e étage, 3744 rue Jean-Brillant

Une collation sera servie à l’issue de la conférence.

Extrait : 

Ce projet étudie le rôle de la Commission européenne dans la politique de sécurité et de défense de l’UE. Malgré le caractère intergouvernemental de longue date de ce domaine et la participation limitée du niveau supranational, la Commission a adopté un rôle de plus en plus actif depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie et la seconde investiture de Trump. Ce développement soulève ainsi une énigme centrale : pourquoi la Commission a-t-elle accepté de jouer un rôle accru dans la politique de sécurité et de défense, alors qu’il s’agit d’une compétence nationale profondément enracinée des États membres ?

Les études existantes partent souvent du principe que la Commission cherche soit à étendre son pouvoir, soit à coordonner simplement les préférences des États membres. Pourtant, nous savons étonnamment peu de choses sur la manière dont la Commission elle-même comprend ce rôle, sur ce qui motive son engagement, ou encore sur la façon dont les dynamiques et la culture de gouvernance évoluent en interne à la lumière du nouveau contexte géopolitique.

Pour combler cette lacune, le projet pose la question suivante : comment la Commission européenne construit-elle et légitime-t-elle son propre rôle dans la politique de sécurité et de défense de l’UE, et comment celui-ci est-il façonné par ses interactions avec d’autres acteurs de la sécurité ?

Sur le plan méthodologique, le projet adopte un design qualitatif novateur et multi-méthodes, combinant travail de terrain ethnographique, entretiens avec des experts, et analyse processuelle (process tracing) de quelques cas politiques sélectionnés. Le cœur de la recherche repose sur une étude ethnographique participative de trois mois (par exemple au sein de la Direction générale de l’industrie de défense et de l’espace), complétée par un « shadowing » de certains responsables au sein de cabinets. Cette approche permettra d’obtenir des observations uniques et en temps réel sur la culture de travail, les comportements et les interactions de la Commission avec d’autres acteurs institutionnels. Des entretiens complémentaires avec des experts seront menés en 2025 et 2026.

Sur le plan théorique, le projet adopte une approche éclectique et abductive, mobilisant la littérature sur la culture organisationnelle, les relations internationales et les théories de l’intégration. En ouvrant la « boîte noire » de la Commission, il propose non seulement un compte rendu empirique détaillé d’un changement culturel peu étudié dans la gouvernance de la sécurité et de la défense au sein de la Commission, mais contribue également à des débats plus larges sur la légitimité et l’agence dans la gouvernance de l’UE.



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