RevUE de la conférence de Chantal Lavallée proposée par Lino Juhel
« La Défense européenne face à la guerre en Ukraine », le 3 février 2026 avec Chantal Lavallée (Collège militaire royal de Saint-Jean)
Ce 3 février 2026, la professeure agrégée du Collège militaire royal de Saint-Jean, Chantal Lavallée, a abordé l’important débat sur la défense européenne au (sur)lendemain de la guerre en Ukraine, à l’approche de l’anniversaire des quatre ans de l’invasion à pleine échelle de 2022.
Abordant d’abord le choc émotionnel des 27 suivant le « retour » de la guerre sur le continent européen, la professeure Lavallée a d’abord énuméré les évènements ayant conduit à la prise de conscience (tardive) de Bruxelles sur la sécurité de son continent après avoir obtenu en 2012 le prix Nobel de la paix comme consécration de la volonté des pères fondateurs de l’Union européenne (UE) : garantir la paix et la prospérité en Europe. Après le Brexit faisant sauter certains verrous sur la défense européenne, c’est le premier mandat de Donald Trump qui a perturbé l’UE via le paradoxe suivant : les 27 devraient contribuer plus au financement de l’OTAN, sans que Washington ne perçoive une tactique d’équilibrage interne potentiellement offensive. Puis, évidemment, l’invasion de février 2022 a sonné l’alarme, complémentaire avec le retour de Trump au pouvoir. Chantal Lavallée explique donc que Bruxelles doit se positionner, et elle y est encouragée par Josep Borrell qui s’exclame que « l’Europe doit apprendre le langage de la puissance », ce qui tombera dans l’oreille d’Emmanuel Macron qui, dès la présidence française du Conseil de l’UE en 2022, sera la lance du changement européen à Versailles, où Chantal Lavallée positionne le début concret de la pensée européenne d’autonomie stratégique, de souveraineté européenne plurisectorielle et d’harmonisation. De fait, trois ans plus tard, les 27 seront les victimes de très nombreuses incursions de drones dans leurs espaces aériens, attribuées à Moscou, qui symbolisent pour de nombreux États-membres la façon dont le conflit touche leurs infrastructures, mais aussi et surtout leurs citoyens.
Lino Juhel.














