RevUE of the webinar Designing a fieldwork project in Europe from North America, by Sarah Muzalia Mazeko

Le vendredi 27 mars 2026, le Centre Jean Monnet a organisé un webinaire intitulé : construire un projet de terrain en Europe depuis l’Amérique du Nord. Cette conférence bilingue visait à partager les expériences d’étudiants-chercheurs nord-américains amenés à réaliser des enquêtes de terrain en Europe. Les intervenants étaient deux doctorants de l’Université de Montréal : Florent Guntz, doctorant en science politique travaillant sur la construction d’une identité européenne en période de crise, et Elisabeth Hessek, doctorante en géographie qui s’intéresse à l’expérience des réfugiés queer en France. Ils ont partagé leurs expériences et conseils, notamment l’importance de s’adapter aux imprévus, de dépendre des acteurs locaux sur le terrain et d’adopter une approche pragmatique.

Plusieurs enjeux liés au travail de terrain ont été abordés, notamment le financement, la méthodologie et les démarches administratives. Le budget joue un rôle déterminant dans la faisabilité d’un projet. Comme l’a souligné Florent Guntz, ses terrains initialement prévus en Espagne, en Suède et en Pologne ont dû être réorientés vers l’Italie, la Belgique et la France. Toutefois, les intervenants ont également mentionné l’existence de nombreuses ressources financières accessibles aux étudiants, telles que les bourses MITACS. La principale difficulté évoquée concerne le recrutement des participants. Les chercheurs peuvent faire face à des désistements de dernière minute ou à un manque de confiance. D’où l’importance de faire preuve de disponibilité et d’ouverture, chaque interaction pouvant contribuer à l’avancement du projet. L’anecdote partagée par Elisabeth Hessek illustre bien cette réalité : elle a rencontré le premier réfugié queer qu’elle a pu interviewer en organisant simplement une fête d’Halloween. Cela montre que des activités non académiques peuvent ouvrir des opportunités de recherche importantes. Enfin, les démarches administratives, souvent sous-estimées, sont essentielles : il faut anticiper les délais de visa ainsi que l’assurance, le logement, les transports et la communication.

Bien que la proximité géographique oriente souvent le choix des terrains, plusieurs incitatifs amènent les chercheurs nord-américains à étudier l’Europe. L’étude de l’Europe n’est pas réservée aux chercheurs européens. Le Canada bénéficie d’une importante communauté de chercheurs spécialisés sur l’Europe, ainsi que de financements souvent plus accessibles. De plus, l’absence de lien direct avec le continent favorise une perspective moins biaisée par des expériences ou appartenances nationales.

Ce webinaire est particulièrement pertinent pour la communauté scientifique, qu’elle soit débutante ou expérimentée, dans un contexte international de plus en plus complexe qui rend le travail de terrain plus difficile. Entre barrières administratives, régulations éthiques et conflits limitant l’accès à certains terrains, les conditions de recherche ont profondément évolué. Dans ce contexte, ce type d’initiative apparaît essentiel pour penser les adaptations nécessaires face à ces nouvelles contraintes.

Sarah Muzalia Mazeko



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